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L'EuroVelo 6 traverse le Grand Besançon

L'EuroVelo 6 est l'un des itinéraires cyclables les plus fréquentés d'Europe. Il relie l'estuaire de la Loire au delta du Danube en suivant des vallées fluviales, et traverse la Franche-Comté par la vallée du Doubs — donc par le cœur du Grand Besançon.

Un tracé imposé par la rivière

Le principe de l'itinéraire est de suivre l'eau. Cela lui donne son atout principal : des pentes faibles, sur des centaines de kilomètres.

Dans l'agglomération bisontine, cette règle produit un tracé qui longe le Doubs, emprunte les chemins de halage du canal, contourne la boucle et repart vers l'aval. Il traverse ainsi une succession de communes de vallée sans jamais imposer de montée sérieuse.

C'est ce qui distingue radicalement le vélo de vallée du vélo de plateau dans ce territoire. Le premier est accessible à tout le monde ; le second demande de l'entraînement ou une assistance électrique.

Un double usage

L'itinéraire est conçu pour le voyage au long cours, et il en accueille : cyclotouristes en itinérance, sur plusieurs jours ou plusieurs semaines.

Mais son usage local est probablement supérieur en volume. Une voie plane, séparée de la circulation, reliant plusieurs communes de la vallée au centre de Besançon, est aussi un itinéraire domicile-travail très efficace.

Cette double fonction n'est pas anecdotique. Elle explique que l'entretien de l'itinéraire relève d'un intérêt local, et pas seulement touristique : une portion dégradée pénalise d'abord ceux qui l'empruntent tous les jours.

Ce que le passage dans la boucle a de particulier

Le tronçon urbain est le plus intéressant de l'itinéraire dans le secteur, et le plus contraint.

Le canal qui coupe l'isthme sous la Citadelle permet au cycliste de traverser la ville par le niveau de l'eau, en dessous du trafic. Les quais offrent une vue sur les façades du centre ancien et sur les remparts.

C'est aussi la portion où les usages se disputent l'espace : piétons, promeneurs, cyclistes en itinérance chargés, cyclistes pressés. Sur un chemin de halage, la largeur ne s'élargit pas.

Les liaisons avec les communes

L'itinéraire principal suit la rivière. La question, pour une commune de l'agglomération, est celle du raccordement : comment rejoindre l'axe depuis le village.

Pour les communes de vallée, la distance est courte et le terrain plat. Pour les communes de plateau, le raccordement suppose une descente — et donc une remontée au retour, ce qui change entièrement le calcul.

Cette asymétrie est la principale limite du vélo utilitaire dans le Grand Besançon. Elle explique pourquoi les politiques cyclables locales portent autant sur l'assistance électrique et le stationnement sécurisé que sur les kilomètres d'aménagement.

Aspects pratiques

Le balisage de l'itinéraire est continu et signalé par le logo européen. Le tracé, l'état des tronçons et les services aux cyclistes sont publiés par les organismes qui gèrent l'itinéraire et par les collectivités traversées ; ce site ne les reproduit pas.

Les cours d'eau qui traversent chaque commune, ainsi que les espaces naturels relevés, figurent sur les fiches communales.

Ce qu'apporte un itinéraire de niveau européen

Le label EuroVelo n'ajoute pas d'infrastructure par lui-même. Il impose en revanche des exigences de continuité, de balisage et de qualité de revêtement, et il inscrit l'itinéraire dans une cartographie que consultent des cyclistes de toute l'Europe.

L'effet économique local est celui d'un tourisme diffus. Un cyclotouriste en itinérance s'arrête là où il se trouve le soir, souvent dans de petites communes qui ne disposent d'aucune autre offre touristique.

C'est une clientèle particulière : peu dépensière à l'unité, mais régulière, étalée sur une longue saison, et sensible à des services simples — eau, réparation, hébergement, restauration en soirée.

Les points faibles du tracé local

Trois difficultés reviennent sur la traversée de l'agglomération.

La cohabitation sur les chemins de halage, dont la largeur ne permet pas de séparer les usages aux heures de forte fréquentation.

Les revêtements hétérogènes : selon les tronçons, on passe d'un enrobé lisse à un stabilisé qui devient difficile après la pluie, ce qui pénalise particulièrement les vélos chargés.

Et les raccordements aux communes de plateau, qui restent l'angle mort de l'itinéraire. Descendre est facile, remonter l'est beaucoup moins.

Le vélo du quotidien, au-delà de l'itinéraire

L'EuroVelo est l'épine dorsale, pas le réseau. Un usage utilitaire suppose des liaisons transversales, du stationnement sécurisé, et un traitement des points durs — carrefours, franchissements, entrées d'agglomération.

Ces éléments coûtent peu au regard d'une infrastructure lourde, et leur absence suffit à décourager un usage quotidien. Une piste interrompue sur cent mètres au mauvais endroit annule le bénéfice de plusieurs kilomètres d'aménagement.

C'est sur ces maillons manquants, plus que sur les grands itinéraires, que se joue la part du vélo dans les déplacements de l'agglomération.

Poursuivre

Le rôle de la rivière dans l'organisation du territoire est décrit dans le Doubs, les autres modes dans le réseau Ginko, et les itinéraires de plateau dans la rubrique art de vivre.

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