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Que devient une poubelle dans le Grand Besançon

Un sac déposé à Saône et un sac déposé dans le quartier de Palente ne suivent pas des chemins différents très longtemps. Passé le camion, ils entrent dans le même système, organisé à deux échelles distinctes.

Deux échelles, deux métiers

La collecte relève de Grand Besançon Métropole. C'est elle qui définit les jours de ramassage, les contenants, les points d'apport volontaire et les déchetteries.

Le traitement relève d'un syndicat mixte qui dépasse le périmètre de l'agglomération et regroupe plusieurs intercommunalités du secteur. Mutualiser à cette échelle est une nécessité industrielle : une unité de tri ou de valorisation ne se rentabilise pas sur 197 000 habitants.

Cette séparation explique une confusion fréquente. Les consignes de tri, elles, sont fixées par le traitement — donc communes à un territoire plus large que l'agglomération. Les modalités pratiques, en revanche, dépendent de la collecte, et varient d'une commune à l'autre selon l'habitat.

Pourquoi les modalités varient

Dans le centre de Besançon, la densité, l'étroitesse des rues et le bâti ancien rendent la collecte en bacs individuels difficile. Les points d'apport volontaire enterrés y sont plus adaptés.

Dans un village de plateau, la logique s'inverse : les distances sont longues, l'habitat est individuel, et le bac roulant devant la maison reste la solution la plus simple.

Entre les deux, les communes de vallée cumulent souvent les deux dispositifs. Ce n'est pas une incohérence : c'est le même service adapté à trois formes urbaines très différentes.

La tarification incitative

Le territoire a fait le choix d'une redevance qui dépend en partie de ce que le foyer produit réellement, et non seulement de la valeur de son logement. Le principe est simple : moins un foyer présente de déchets résiduels, moins il paie.

L'effet mesuré partout où ce dispositif a été mis en place est le même : la quantité d'ordures ménagères résiduelles baisse nettement dans les mois qui suivent, tandis que le tri et le compostage progressent.

Ce mécanisme a aussi ses effets de bord connus : dépôts sauvages en hausse au démarrage, et report ponctuel vers les déchetteries. Il suppose donc un accompagnement, et une surveillance.

Le compostage, un choix de territoire

Le Grand Besançon a développé très tôt un maillage de sites de compostage partagé, en pied d'immeuble ou en quartier, en complément du compostage individuel.

L'intérêt est double. Les biodéchets représentent une part importante du poids de la poubelle résiduelle, et ce sont les plus lourds : les détourner allège immédiatement le tonnage à traiter. Et un déchet composté sur place ne fait aucun kilomètre.

Cette politique explique la présence, dans plusieurs quartiers, de chalets ou de pavillons de compostage animés par des habitants. C'est l'un des rares dispositifs de gestion des déchets qui repose explicitement sur une participation volontaire.

Les déchetteries, angle mort du raisonnement

L'attention se porte spontanément sur la poubelle du foyer. Or les volumes apportés en déchetterie — gravats, végétaux, encombrants, bois — pèsent lourd dans le bilan global du territoire.

Ces flux sont aussi ceux qui varient le plus avec la forme urbaine. Un habitat individuel avec jardin produit des déchets verts qu'un appartement ne produit pas. Le maillage des déchetteries de l'agglomération suit donc en partie la carte de l'habitat pavillonnaire.

Ce qui reste difficile

Trois points résistent, dans le Grand Besançon comme ailleurs.

Le tri des emballages progresse mais plafonne. L'extension des consignes à tous les plastiques a simplifié le geste sans supprimer les erreurs.

Les déchets du bâtiment et de l'activité économique échappent en grande partie au circuit ménager, et pèsent pourtant sur les mêmes installations.

Enfin, la réduction à la source reste la seule voie qui diminue réellement les volumes. Trier mieux ne fait que déplacer un flux ; ne pas produire le déchet le supprime.

Ce que pèse réellement une poubelle

La composition de la poubelle résiduelle est étonnamment stable d'un territoire à l'autre. Les biodéchets — restes alimentaires, épluchures — y occupent une part importante en poids, suivis par les emballages mal triés et les papiers.

Cette composition dicte la stratégie. Détourner les biodéchets allège fortement le tonnage résiduel, ce qui explique l'accent mis localement sur le compostage. Détourner les emballages allège moins en poids mais davantage en volume, et alimente une filière de valorisation.

C'est aussi ce qui rend trompeuse la lecture d'un tonnage global : un territoire peut voir son tonnage baisser sans que ses habitants aient changé de comportement, simplement parce que les emballages se sont allégés.

Le tri des emballages, ce qui reste flou

L'extension des consignes à l'ensemble des emballages plastiques a simplifié le message : tout emballage se trie. Elle n'a pas supprimé les erreurs les plus fréquentes.

Deux confusions dominent partout. Les objets en plastique qui ne sont pas des emballages — jouets, ustensiles, mobilier — ne relèvent pas de cette filière. Et les emballages souillés ou emboîtés les uns dans les autres compliquent le tri mécanique en centre.

Un refus de tri n'est pas neutre : il repart en traitement résiduel, avec le coût correspondant, et il est facturé au territoire.

Le point noir : les dépôts sauvages

Toute évolution de la tarification ou des modalités de collecte s'accompagne d'une hausse temporaire des dépôts sauvages. C'est un effet documenté, et anticipé par les collectivités qui engagent ces changements.

Le phénomène se concentre sur quelques situations : abords de points d'apport volontaire, chemins ruraux accessibles en voiture, et périodes de déménagement.

Le traitement est double — surveillance et sanction d'un côté, facilitation de l'accès aux déchetteries de l'autre. Les communes de l'agglomération y consacrent une part non négligeable de leurs moyens techniques.

Où trouver les consignes

Les jours de collecte, les horaires de déchetterie et les consignes de tri applicables sont publiés par Grand Besançon Métropole et par le syndicat de traitement. Ce site ne les reproduit pas : ce sont des informations opposables, qui changent, et dont la version officielle fait seule foi.

Les autres sujets d'environnement du territoire sont regroupés dans la rubrique territoire, et le détail commune par commune sur les fiches communales.

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