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Santé et recherche, un pôle structurant à Besançon

Dans une agglomération de moins de 200 000 habitants, l'hôpital et l'université ne sont pas seulement des services. Ce sont des employeurs de premier rang, des donneurs d'ordres, et le point d'entrée de la population étudiante.

Un CHU et son aire d'attraction

Le centre hospitalier universitaire de Besançon, implanté principalement sur le site de Jean Minjoz à l'ouest de la ville, dessert un bassin qui déborde largement l'agglomération. Il constitue le recours régional pour les spécialités que les hôpitaux de proximité n'assurent pas.

Cette fonction de recours explique une partie des flux quotidiens de l'agglomération : patients, accompagnants et personnels convergent vers un site unique, en périphérie, ce qui pèse sur les déplacements du secteur ouest.

Un CHU est aussi un lieu de formation. Il forme des médecins, des internes et des professionnels paramédicaux dont une part s'installe ensuite dans la région.

L'université, second pilier

L'université de Franche-Comté, dont le site principal se trouve à Besançon, accueille plusieurs milliers d'étudiants répartis entre le centre-ville et le campus de la Bouloie.

Sa présence produit trois effets économiques mesurables : une consommation étudiante concentrée sur une partie de l'année, une demande de logement spécifique, et un flux de déplacements très marqué aux heures de cours.

Elle produit surtout un effet moins visible et plus durable : un vivier de diplômés dans lequel puise l'industrie locale. La proximité entre les formations techniques et les entreprises du secteur est l'un des atouts constants du territoire.

Le point de contact avec l'industrie

Le lien entre santé et microtechniques n'est pas théorique. Un implant, un instrument chirurgical ou un dispositif de diagnostic sont des objets de précision, produits par des entreprises qui savent usiner petit et contrôler serré.

Cette convergence explique la présence, dans l'agglomération, d'entreprises positionnées sur le dispositif médical, et de structures d'appui à l'innovation orientées vers ce marché.

Elle explique aussi pourquoi les laboratoires locaux travaillent sur des sujets à cheval entre les deux mondes : biomatériaux, ingénierie tissulaire, instrumentation biomédicale, temps-fréquence appliqué à la mesure.

Ce que cela pèse dans l'emploi

Les fonctions publiques hospitalière et d'enseignement supérieur représentent une part importante de l'emploi salarié du territoire. Cette structure a des propriétés particulières.

Elle est stable : ces emplois ne se délocalisent pas et varient peu avec la conjoncture. Elle est aussi peu élastique : elle ne crée pas d'emplois massivement quand l'économie repart, et son évolution dépend de décisions budgétaires nationales plutôt que du marché local.

Pour un territoire de cette taille, c'est un amortisseur réel, à condition de ne pas le confondre avec un moteur de croissance.

Les limites du modèle

Deux difficultés reviennent.

La démographie médicale du département est tendue, comme dans une grande partie de la région. Un CHU performant ne compense pas l'accès aux soins de premier recours dans les communes éloignées, et la question se pose particulièrement sur les plateaux.

La rétention des diplômés reste un enjeu. Former sur place ne suffit pas si les débouchés à haut niveau de qualification se trouvent ailleurs. C'est l'un des arguments qui structure la politique de développement économique de l'agglomération.

Le campus de la Bouloie

L'université est répartie entre plusieurs sites, dont le principal se trouve à la Bouloie, au nord-ouest de la ville. On y trouve des facultés, des laboratoires, des résidences et des équipements sportifs.

Cette concentration produit un rythme particulier : le secteur est très fréquenté en période universitaire, nettement moins l'été. Les commerces, les transports et le logement du quartier vivent sur ce calendrier.

Le campus est desservi par le tramway, ce qui a modifié les pratiques de déplacement étudiantes depuis sa mise en service. C'était l'un des objectifs explicites du tracé.

Une population étudiante et ses effets

L'accueil de plusieurs milliers d'étudiants influe sur le marché du logement de l'agglomération, particulièrement sur le petit locatif du centre et des quartiers proches du campus.

L'effet est double. Il soutient une offre locative que la seule demande locale ne justifierait pas, et il exerce une pression sur les typologies les plus recherchées par les jeunes actifs.

Il produit aussi une vie culturelle et associative sans commune mesure avec la taille de la ville : salles de concert, festivals, pratiques sportives et associations étudiantes.

La recherche et ses domaines

Les laboratoires du site travaillent notamment sur les sciences pour l'ingénieur, le temps-fréquence, les matériaux, l'ingénierie biomédicale et les sciences humaines.

Ces spécialités ne sont pas arbitraires : elles prolongent l'histoire industrielle et scientifique locale. La mesure du temps vient de l'horlogerie, l'ingénierie biomédicale de la rencontre entre le CHU et la mécanique de précision.

L'intérêt d'une telle concentration, dans une agglomération de cette taille, est la proximité physique des acteurs. Un chercheur, un clinicien et un industriel peuvent se rencontrer dans la même journée sans quitter le territoire — ce qui est loin d'être le cas partout.

Poursuivre

La filière industrielle liée est décrite dans les microtechniques. Les autres sujets d'activité sont regroupés dans la rubrique économie, et les données par commune sur les fiches communales.

Les informations de santé publique, les coordonnées et les modalités d'accès aux soins relèvent des établissements concernés et de l'Agence régionale de santé. Ce site ne les publie pas.

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